Genre: Nouvelles

Pages: 181

Date de parution: 14 juin 2000

ISBN (Papier): 9782921347587

Code: BLE14

Incidents de parcours

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Auteur: Simone Chaput

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Douze nouvelles troublantes, percutantes et étrangement envoûtantes. Il y a dans ces textes de nombreux paradoxes, une bonne dose d’ironie, une certaine truculence et une insidieuse lucidité sur la condition humaine. Simone Chaput est généreuse envers ses personnages; ils ont de beaux rôles mais, comme la vie, elle n’est pas douce avec eux.

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Article de Pamela V. Sing L'oeuvre de Simone Chaput : pour rompre avec l'exiguïté pour Liaison #165

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« L’Anne Hébert des Prairies »
Paul François Sylvestre - www.jaipourmonlire.ca
 
Simone Chaput a publié douze nouvelles sous le titre Incidents de parcours. Dans l’une d’elle, une Canadienne des Prairies visite Paris et se rebiffe chaque fois qu’on la prend pour une Américaine. L’insulte suprême consiste à se faire traiter de « Salope d’Américaine ». Une nouvelle peut parfois servir de moment d’interrogation. Ainsi, une romancière se demande si on peut décrire la violence sans l’avoir d’abord vécue… Plusieurs courts récits nous interpellent dès la toute première phrase : « David connaît ses premiers remords dans l’autobus de l’aéroport. ». Ou « Elle rêve qu’elle étouffe : le duvet lui couvre la bouche et la suffoque, se referme sur elle comme une eau. » Ou encore cette phrase lapidaire : « Paris avait déçu. » Bonne technique de rédaction. Le style de Chaput lui a valu quelques prix littéraires. Ses descriptions sont souvent finement ciselées; en voici un exemple : « le soleil levant découpe sur le sable l’ombre plumeuse des palmiers, où l’eau sibilante court vers leurs pieds, son écume un jupon de dentelle salée ». Parfois il s’agit tout simplement de juxtaposer les bons mots : « leurs djellabas hurlantes de couleur dans la grisaille du béton ». Les nouvelles n’ont pas toutes une finale inattendue, mais si c’est le cas, elle peut  être de taille. Ainsi, le personnage Renée examine, dans le secret de son bain, « les plis et creux de son corps » et vérifie « si un duvet lui assombrit les joues »… Il arrive qu’une simple réplique soit une référence historico-culturelle. Lorsqu’une femme note que les repas intimes des Romains comptaient de trois à neuf personnes, on lui répond : « Pas moins que les Grâces, pas plus que les muses. » Paul Savoie a déjà écrit que le style de Simone Chaput rappelle celui d’Anne Hébert. Il avait raison.
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Simone Chaput

Simone Chaput est originaire de Saint-Boniface (Manitoba) où elle a étudié et obtenu son premier diplôme universitaire au Collège universitaire de Saint-Boniface et à l’Université du Manitoba. En 1978, elle termine une maîtrise en littérature à l’Université de Toronto. Elle a fait un stage en littérature/théâtre à l’Université de Londres et a séjourné en France, en Italie et en Grèce. De retour au Manitoba, elle enseigne et commence à écrire. Son premier roman, La Vigne amère, est publié aux Éditions du Blé en 1989 et couronné l'année suivante du prix littéraire La Liberté, renommé depuis le Prix Rue-Deschambault. Son deuxième roman, Un piano dans le noir, également paru aux Éditions du Blé, en 1991, a lui aussi obtenu le prix littéraire La Liberté, en 1992. Ses deux autres romans, Le Coulonneux et La belle ordure ont été respectivement lancés en 1998 et 2010. Elle est aussi l'auteure d'un recueil de nouvelles, Incidents de parcours. En 2014, elle a remporté le prix Champlain et le prix des lecteurs Radio-Canada pour son roman Un vent prodigue chez Léméac Éditeur où parait en 2017 un nouveau roman, Une terrasse en mai. Simone enseigne, à temps partiel, la langue et la littérature françaises à l’Université de Winnipeg. 

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ENTREVUE AVEC SIMONE CHAPUT (2015)