Ganiishomong

ou L'Extase du temps Auteur: J.R. Léveillé

Résumé

L’été à Ganiishomong : l’écriture poursuit la fiction dans lextase du temps. Les souvenirs denfance (la nudité des cousines est désirable ; le piano de la mère un délice) se prélassent sur la plage dune communauté métisse près de Saint-Laurent, dans le Far-West canadien, avec la musique de Bach et de Mozart, les poètes taoïstes et les penseurs présocratiques. Il y a place pour la Bible et Rimbaud. Baudelaire a trouvé le lieu. Geneviève Asse et Agnes Martin sont des habituées. Lacan y est passé. Les nonnes et abbesses zen lhabitent toujours. Glen Gould demeure un penseur incontournable. Il joue du piano comme si c’était un clavecin. Les mouettes passent, les vagues se lèvent et se taisent. La nuit est fraîche. Le champagne frais. On retrouve lart comme pensée poétique, la poésie comme pensée philosophique et le roman comme poésie, avec la musique en arrière-fond cosmique.

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LES FESTIVITÉS AUTOUR DE L'OUVRAGE AURONT LIEU EN SEPTEMBRE.

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EXTRAITS

« Il y a des matins de grande indifférence. On se lève. On va vers le paysage, café à la main. Rien ne nous tente, rien ne nous indispose. Le soleil ne sest pas encore étendu sur lensemble de la journée. Tout est neutre. Les oiseaux saffolent déjà à la mangeoire. Les carouges ne cessent de jacasser. Le chien veut sortir. Alors, on sassoit, on ouvre le grand cahier à dessin, on prend plume. Soudain tout s’éveille, tout prend vol. Lespace est mieux défini entre les branches et les feuilles. Les troncs et les branches davantage délimités. Ce nest pas quil fasse plus jour. Cest quil y a eu transposition. Un rouge-gorge apparaît sur un tronc. Semblable au bouvreuil dans Le déjeuner sur lherbe de Manet.

 

Le rouge-gorge était là depuis longtemps ; la brosse à la main laperçoit dans le décor qui prend vie. Cest du certain. Ça ne se passe pas autrement. La description est tout en littérature comme en art. Quest-ce que la description sinon la qualité des êtres et des choses. Là, quelques notes dArvo Pärt transpercent sur la chaîne audio et retiennent mon attention. Lui aussi prend son temps à ponctuer. Quest-ce que la ponctuation, si ce nest une touche de description ? Voilà, cela est clairement établi. Enfin, entre le regard fixé sur la toile naturelle devant nous, et la main à la pâte, le temps sest un peu étendu. On est prêt pour un autre café. Lon se dit que le grand Vide impassible nest pas un néant. Joie latente. »

 

 

« Des vagues de laube, il ne reste plus que l’écume des dernières à sesclaffer sur la rive. Toujours un peu de vent. On le sent. Frais. Mais lair se réchauffe. Dans deux heures, on sera nu au soleil. Pour le moment, les pieds bien ancrés dans le sable.

Jentends une flûte jouer dans ma tête. La flûte est un instrument de voyage. Je ferme les yeux, je suis son enchantement, je rêve.

Enfin, je me dis, en me réveillant, le son de ces vagues, cest la voix du vent.

Voilà, cest déjà une bonne journée. »


L'auteur

Détails

Éditeur: Éditions du Blé

Genre: Roman

Pages: 156

Date de parution: 21 juillet 2020

ISBN (Papier): 9782924915219

ISBN (ePub): 9782924915233

ISBN (PDF): 9782924915226

Code: ENQC236

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