Et fuir encore

Auteur: Rossel Vien

Résumé

Fils natif, oublié, du Québec et fils adoptif, méconnu, du Manitoba où il a vécu sa vie d’adulte, Rossel Vien a fait une entrée remarquée en histoire et en littérature. En 1955, il fait paraître Histoire de Roberval, coeur du lac Saint-Jean, qui préfigure une conception moderne de l’essai historique, saluée par nul autre que Lionel Groulx. 

En 1960, il publie, dans les Écrits du Canada français, un récit autobiographique « Un homme de trente ans » sous le pseudonyme de Gilles Delaunière, car le sujet homosexuel du texte, à une époque où la Révolution tranquille n’a pas encore balayé la vieille moralité, semble nécessiter l’anonymat. Le récit est applaudi par Gilles Marcotte et Gérald Godin. 

En 1972, toujours sous pseudonyme, Vien publie son premier recueil de nouvelles, Et fuir encore, chez Hurtubise dans la collection L’arbre qui a accueilli Anne Hébert, Gabrielle Roy, Jacques Ferron, Yves Thériault… Une fois de plus, la critique s’exclame. Réginald Martel estime que ces nouvelles « sont parmi les meilleures qui s’écrivent ici » ; Roger Duhamel qualifie l’auteur d’« écrivain authentique, déjà sûr de ses moyens ». 

Cette réédition de Et fuir encore devrait réhabiliter la mémoire et l’oeuvre de Rossel Vien et rappeler, s’il est besoin, que l’auteur peut être reconnu comme un précurseur de l’essai historique moderne et tenu pour un des pionniers de l’écriture homosexuelle au Québec.

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Pour en savoir plus sur Rossel Vien : Cahiers franco-canadiens de l’Ouest, numéro spécial L'énigme Rossel Vien, Presses universitaires de Saint-Boniface, vol. 32, nᵒ 2 (2020). 

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" Quand l’auteur ne s’éprend pas d’Oriel,  de Julien ou de Tom, il raconte la relation entre le Cubain Mario et l’Ontarien Willie. Ces hommes aiment des personnes de leur sexe, mais il est rarement question d’ébats sexuels. Le passage le plus direct est  le suivant : « Dis-moi, Willie, que tu explores les voies de son corps, profondes autant que celles de l’âme, que tu explores les voies de  ton sang qui éclate, dis-moi que tu te souilles et poses ta tête, Willie, sur un ventre jeune et dur, Cuba désiré, souillé, révélé, cosmogonies sûres, installées dans leurs pulsations patientes, leurs rythmes, leurs tropiques, plus sûres encore que la nuit succédant au jour, au-delà du conscient et du tourment. » " Extrait de la recension de Paul François Sylvestre pour son blogue www.jaipourmonlire.ca 

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« … le recueil Et fuir encore (…) menaçait la quiétude du milieu bonifacien. Empreint d’une tristesse incommensurable, d’une détresse insupportable, ce recueil mettait en scène des désirs d’une urgence foudroyante, inassouvis, parfois inavouables, amours refusés, impossibles, fuites exécutées dans la honte, toujours sous le regard accusateur de la société bien-pensante. Gilles Delaunière (Rossel Vien) abordait ainsi des thèmes honnis par la bonne société, tout cela dit avec une nécessité essentielle, et une maîtrise renversante de la langue française. »

Bernard Mulaire, « Rossel Vien,  un écrivain de la clandestinité, génial et subversif », Cahiers franco-canadiens de l’Ouest, numéro spécial L'énigme Rossel Vien, Presses universitaires de Saint-Boniface, vol. 32, nᵒ 2 (2020), p. 337-357. 

 


L'auteur

Détails

Éditeur: Éditions du Blé

Genre: Nouvelles

Pages: 186

Date de parution: 11 février 2020

ISBN (Papier): 9782924915097

ISBN (PDF): 9782924915103

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